Atlas : Bienvenue

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Reprise de cotyle descellé

La reprise chirurgicale consiste tout d'abord à réaliser l'ablation de la prothèse descellée et à exciser les tissus réactionnels granulomateux gorgés de débris à l'origine de l'ostéolyse. La réparation des dégâts osseux peut alors être confiée à des greffes. Cependant, quel que soit le type de greffon (autogreffe, allogreffe, substitut), il y a toujours un risque de résorption osseuse secondaire.

Il est également possible de confier la réparation osseuse à l'ostéogenèse, comparable à un cal de fracture, de tissus osseux vivants, au contact de prothèses stables. Pour cela, il est nécessaire d'utiliser des prothèses non cimentées.

Planning préopératoire

Le bilan des lésions est fait sur des radiographies de bassin de face et de la hanche de face et en trois quarts alaire et obturateur. Pour plus de précision, le scanner peut être utile en cas de doute. Les calques préopératoires permettent, sur une radiographie à agrandissement connu (1,15 le plus souvent), de déterminer la taille de la prothèse cotyloïdienne. Il n'est pas rare cependant qu'en peropératoire les dégâts osseux soient plus importants que prévu, d'autant que l'ablation de la prothèse, du ciment et des tissus pathologiques peut aggraver les lésions. Il est donc nécessaire de prévoir pour l'intervention une gamme de prothèses permettant de faire face à toutes les éventualités.

Voie d'abord

Toutes les voies d'abord sont possibles : antérieures, postérieures ou externes. Nous utilisons pour les reprises de cotyle la voie d'abord postérieure avec barrette trochantérienne. Elle facilite l'abord des lésions et permet, après réparation, de limiter le risque de luxation postopératoire de la prothèse.

Voie d'abord postérieure avec barrette trochantérienne

En décubitus latéral, l'incision est longitudinale, centrée sur le grand trochanter. Après avoir fendu le fascia lata dans le sens des fibres, on dessine au bistouri électrique la barrette trochantérienne qui est désinsérée. Elle est située à la partie haute et postérieure du grand trochanter. Le tendon postérieur du moyen fessier et la partie supérieure des pelvitrochantériens s'y insèrent. Pour permettre une ostéosynthèse solide, il est nécessaire que ce fragment osseux soit suffisamment volumineux. Il doit faire 1,5 à 2 cm d'épaisseur, et 3 à 4 cm de longueur. Le trait longitudinal est réalisé à la scie oscillante. Le trait transversal est inférieur et effectué soit avec une scie oscillante à lame étroite, soit au ciseau frappé. Une petite obliquité du trait inférieur, réalisant un angle fermé avec le trait longitudinal, permet un meilleur encastrement de la barrette après ostéosynthèse. Dans le prolongement du trait longitudinal, le tendon postérieur du moyen fessier est dissocié sur une hauteur de 1 cm. Le muscle carré crural, inséré dans la partie inférieure du massif trochantérien, est sectionné au ras du fémur, comme habituellement. La longueur de la barrette ne dépasse pas 3 à 4 cm et n'emporte donc pas l'insertion du carré crural. Si l'on prolonge cette barrette dans cette zone, on fragilise la partie postérieure du col fémoral , ce qui n'est pas souhaitable. La barrette est écartée du fémur à l'aide d'un ciseau frappé ou d'un écarteur de Homann, ce qui permet d'inciser longitudinalement la capsule au bistouri, depuis son insertion sur le fémur jusqu'au rebord cotyloïdien. L'écarteur de Homann est placé alors en arrière du cotyle, permettant une vision sur l'articulation et protégeant la barrette trochantérienne et les pelvitrochantériens lors de la luxation de la hanche qui s'effectue selon la technique habituelle, en portant le membre inférieur en flexion-adduction-rotation interne. L'abord du cotyle est facilité par la résection du rebord postérieur du grand trochanter qui constitue un élément gênant la vision habituellement. En fin d'intervention, la réinsertion de la barrette et des tendons qui s'y insèrent est réalisée à l'aide d'un système d'ostéosynthèse par fils métalliques, vis ou tige métallique spéciale. Cette tige se termine par une ancre à son extrémité proximale et par un système de fixation distale peu encombrant, enfoui dans le vaste externe.

Voie d'abord postérieure avec barrette trochantérienne

Voie d'abord postérieure avec barrette trochantérienne

Voie d'abord postérieure avec barrette trochantérienne

Ablation de la prothèse cotyloïdienne et des tissus dégradés

La cupule cotyloïdienne descellée est habituellement facile à enlever.

Après ablation de la cupule, un nettoyage soigneux de la cavité cotyloïdienne est réalisé.

Mise en place de la prothèse cotyloïdienne

Il faut tout d'abord repérer l'emplacement du trou obturateur. Le tissu fibreux inférieur a été excisé, ceci étant nécessaire pour repérer le vide sous-jacent correspondant au trou obturateur. La prothèse cotyloïdienne doit être placée juste au-dessus de ce repère pour éviter une ascension du centre de rotation de la hanche. On procède au fraisage de la cavité cotyloïdienne en commençant avec une fraise de petit calibre. Ce fraisage doit être très prudent et économique. Il a pour but d'aviver l'os acétabulaire scléreux pour obtenir une surface osseuse saignante et vivante. Il permet aussi de redonner une forme hémisphérique au cotyle et de déterminer le diamètre de la cavité.

La technique dépend alors de l'importance des dégâts : Stades de la SOFCOT 1 2 3 4

Mise en place de la prothèse cotyloïdienne

Stade 1 (capital osseux correct)

La technique est comparable à une implantation de première intention : le calibre de la fraise est augmenté jusqu'à ce qu'elle remplisse la cavité cotyloïdienne et soit stable dans tous les plans. Le diamètre de la dernière fraise détermine le diamètre de l'acétabulum. Pour obtenir une stabilité à l'impaction, il est recommandé de rechercher un effet press fit en utilisant une cupule de diamètre de 2 mm supérieur au dernier fraisage.

Stade 2 (cotyle continu fragile voire pellucide +- trou au fond)

A ce stade, la cavité est agrandie et il est nécessaire d'utiliser des cupules de grande taille pour obtenir un appui périphérique direct sur l'os resté vivant sur le pourtour cotyloïdien. L'important pour la tenue de la cupule impactée, c'est la continuité osseuse au pourtour du cotyle ; elle s'appuie sur le toit, les colonnes antérieure et postérieure, et sur la marge inférieure. Celle-ci est particulièrement importante et la cupule doit être bien appliquée à cet endroit pour éviter une protrusion. L'existence d'un defect au fond de la cavité cotyloïdienne ne pose pas de problème si ce pourtour est continu.

On augmente le calibre des fraises jusqu'à obtenir un remplissage de la cavité. Lorsque celle-ci est ovale, le plus souvent à plus grand diamètre vertical, le fraisage hémisphérique agrandit le diamètre antéropostérieur, ce qui habituellement ne nuit pas à la stabilité.La plus grande fraise stable dans tous les plans détermine le diamètre du cotyle. La cupule d'une taille supérieure de 2 mm à ce diamètre est impactée.

 

On augmente le calibre des fraises jusqu'à obtenir un remplissage de la cavité.

Pas de greffes osseuses

Au stade 2, les greffes ne sont habituellement pas nécessaires. Les géodes disparaissent grâce à l'ostéogenèse ce qui évite l'aléa des greffes dont la résorption est possible. Elle permet la reconstruction d'une paroi continue cotyloïdienne d'épaisseur faible mais de trophicité satisfaisante, avec disparition des géodes. La large surface de contact prothèse-os , obtenue grâce aux cupules de grande taille, permet une large répartition des contraintes qui peut éviter la protrusion à long terme.

Stade 3 (Disparitionde deux parois)

A ce stade, l'utilisation de cupules impactées est possible. Le toit du cotyle, même très altéré, ne disparaît jamais complètement, et il y a toujours de l'os en haut dans l'épaissseur de l'os iliaque. La marge inférieure est également présente. La disparition de deux parois concerne habituellement les parois antérieure et postérieure. Dans la plupart des cas, malgré la destruction des parois, il persiste de l'os vivant dans l'épaisseur des colonnes en avant et en arrière du defect du fond. L'objectif est d'appuyer la cupule sur cet anneau osseux conservé. On fraise pour redonner, comme précédemment , une forme hémisphérique à cette grande cavité, et l'on fixe par des vis iliaques la plus grande cupule possible. Pour cela, de très grandes cupules, jusqu'à 74 mm de diamètre, sont utilisées. La stabilité primaire est obtenue par vissage, puis les parois antérieure et postérieure sont reconstruites par greffes (autogreffes, os lyophilisé ou substituts osseux). Ces greffes apposées à la cupule n'ont aucun rôle mécanique immédiat.

A ce stade, l'utilisation de cupules impactées est possible.

Centre de rotation de la hanche

L'utilisation de grandes cupules entraîne-t-elle une ascension du centre de la hanche? Schutzer et Harris ont montré que les résultats fonctionnels étaient satisfaisants. Dans notre expérience, nous avons constaté que l'ostéolyse s'étend habituellement vers le bas (marge inférieure), comme vers le haut (toit) ; le centre de rotation de la hanche n'est donc que peu modifié.

Centre de rotation de la hanche

Centre de rotation de la hanche

Résultat à 5 ans

Résultat à 5 ans

 

Stade 4 (disparition de plus de deux parois et/ou fracture)

Au stade de très grande destruction, la reconstruction par armature de soutien et greffe osseuse est obligatoire.

 

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