Atlas : Bienvenue

Analyse des explants

Les différents Atlas

Atals et low-friction

Stabilité primaire

Technique opératoire

Stabilité de l'insert

Données cliniques

Epaisseur de l'insert

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Reprise de prothèse cotyloïdienne descellée

 

INTRODUCTION

La reprise des prothèses cotyloïdiennes descellées par rescellement a donné, en général, des résultats décevants1 3 7 9. Salvan9, en 1989, publiait, dans le cadre du Symposium de la SOFCOT, sur 210 rescellements simples de prothèses cotyloïdiennes descellées, 22,9 % de descellements itératifs et 22, 9 % de descellements potentiels soit 54,2 % seulement de résultats favorables.

L'utilisation d'un anneau de soutien type Müller à donné de meilleurs résultats5 6; Pascarel 6 n'observait, en 1993, avec cette technique que deux échecs sur 141 cas à quatre ans de recul; cependant le résultat à long terme de ces armatures non réhabitables reste un point d'interrogation.

Les prothèses cotyloïdiennes hémisphériques impactées pourvues d'un traitement de surface réhabitable ont donné dans la chirurgie de première intention des résultats remarquables à plus de dix ans de recul. Cette technique peut-elle être utilisée dans les reprises ? Faut-il reconstruire le capital osseux en greffant ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons étudié une série continue de 229 reprises cotyloïdiennes par cotyle impacté au recul moyen de six ans et quatre mois (quatre à neuf ans).

MATERIEL ET METHODE

Deux cent vingt-neuf reprises de prothèses cotyloïdiennes par cupules impactées on été réalisées entre janvier 1987 et septembre 1992 : 144 femmes pour 85 hommes, 121 droit et 108 gauche, âge moyen : 66 ans (18 à 90 ans), 20 malades avaient plus de 80 ans et 77 plus de 70 ans (30%).

Le stade de destruction cotyloïdienne fut 47 fois un stade I , sans perte de substance importante, 146 fois un stade II avec cavité agrandie par la perte de substance mais sans destruction majeure des colonnes et de la marge inférieure et 36 fois un stade III avec grande destruction cotyloïdienne.

Série A 1 : avec greffes osseuses

De 1987 à 1989 nous avions utilisé la prothèse cotyloïdienne Atlas® 1 (cupule hémisphérique fendue d'épaisseur de titane 1,5 mm avec petites vis de diamètre 4,5 mm et surface de titane sablé) (91 cas). Nous réalisions la reconstruction systématique du capital osseux par impaction dans la cavité cotyloïdienne de petits cubes d'os de banque prélevés sur des têtes fémorales conservées. La prothèse était impactée dans cette greffe morcelée, les vis transfixiaient les greffes et se fixaient dans l'os resté sain du toit et des colonnes. Les tailles de ces prothèses cotyloïdiennes étaient petites : en majorité 50, 52 et 54 mm.

Série A 3 : sans greffes osseuses

Depuis 1989, nous avions utilisé l' Atlas® 3 hydroxyapatite (2,5 mm d'épaisseur de titane, vis 6,5 mm facultatives et surface hydroxyapatite) (138 cas). On impactait un Atlas® de grande taille pour remplir la cavité osseuse et assurer un large contact entre la surface de l'implant et l'os cotyloïdien resté sain. Dans cette série les tailles utilisées étaient grandes, en majorité 56, 58, 60 pouvant aller jusqu'à 68 (série A 3) et nous n'avions pas ou peu greffé.

Le recul au contrôle fut en moyenne de six ans et quatre mois (quatre à neuf ans).

L'évaluation clinique fut réalisée selon la cotation de Merle d'Aubigné, l'évaluation radiographique selon les classifications topographiques en trois zones : un supéro-externe, deux centrales, trois inféro-internes.

Les taux de survie ont été estimés par la méthode actuarielle.

ECHECS ET PERDUS DE VUE

Série A 1 :

(91 cas) avec greffes systématiques, vingt-cinq malades sont décédés de cause indépendante de la prothèse et six malades furent perdus de vue. Soixante malades furent donc suivis (66 %). Nous avons observé huit échecs de cotyle (13 %) et neuf échecs de fémur. Le taux de survie était de 88 % à neuf ans. Quarante-trois malades ont été revus, quinze à 9 ans de recul, vingt à 8 ans, six à 7 ans et deux à 6 ans.

 

Série A 3 :

(138 cas), neuf malades ont été perdus de vue et 20 sont décédés. Cent neuf malades furent suivis (80 %). Nous avons observé trois échecs de cotyle (3 %) et cinq reprises de fémur. Le taux de survie était de 97 % à huit ans. Cent un malades ont été revus, douze à 4 ans de recul, trente-huit à 5 ans, trente-quatre à 6 ans, quatorze à 7 ans et trois à 8 ans.

 

Echecs

Les huit échecs de la série A 1 ont été dus à la résorption des greffes avec migration secondaire de l'implant. La cupule, maintenue par les vis ne pouvant pas suivre cette résorption des greffes, a été le siège d'une micro-mobilité douloureuse avec bascule de l'implant.

Les trois de la série A3 furent liés à une erreur d'indication : il s'agissait de stades 3 avec perte de substance considérable avec disparition de la marge inférieure. La protrusion est survenue dans les mois qui ont suivi l'intervention. Nous aurions dû utiliser une armature à appui périphérique.

RESULTATS

Cliniques et fonctionnels

Série A1 - 43 revus :

22 excellents résultats (51 %), 12 très bons (28 %), 9 médiocres (21 %).

La douleur fut rare, 38 malades à D6 sans aucune douleur, trois à D5 avec douleur rare et légère et deux à D4 avec douleur gênante.

La mobilité était bonne dans la grande majorité des cas, quarante à M6, deux à M5, un à M4.

La fonction fut dans l'ensemble moins satisfaisante avec persistance fréquente d'une boiterie : vingt-six à F6 sans boiterie, six à F5 boiterie légère et onze à F4 boiterie nette et utilisation d'une canne.

Série A3-101 revus.

48 excellents résultats (48 %), 30 très bons (30 %), 20 bons (20 %) et 3 médiocres (2 %).

Douleur : inexistante (D6) 71 fois, légère (D5) 17 fois, gênante (D4) 13 fois.

Mobilité : bonne 95 fois à M6, deux fois à M5, médiocre quatre fois à M4.

Fonction : 59 cas à F6 sans boiterie, 31 à F5 avec boiterie légère, 11 à F4 avec boiterie et une canne.

Résultats radiographiques

Série A1 :

Nous n'avons observé aucun liseré dans 20 cas sur 43, un liseré non évolutif limité en zone 3 dans 12 cas. Six liserés étaient complets en zone un, deux et trois, cinq migrations de plus de 2 mm furent observées dont une avec fracture des vis. Ces onze derniers cas avec liserés étendu ou migration étaient évidemment péjoratifs et évolueront probablement vers un échec nécessitant une reprise chirurgicale.

Série A3 :

Aucun liseré dans 85 cas sur 101 (84 %), 16 liserés non évolutifs en zone 3. Nous n'avons observé aucune migration et aucun liseré complet dans cette série. Au contraire, les géodes périprothétiques se sont comblées.

Résultat à 5 ans

Résultat à 5 ans

Résultat à 5 ans

Résultat à 5 ans

Résultat à 6 ans

Résultat à 6 ans

Résultat à 6 ans

Résultat à 6 ans

DISCUSSION

Les résultats cliniques dans les deux séries ont été moins bons que pour les prothèses de première intention. Cela est classique et lié au caractère itératif des interventions avec séquelles péri-articulaires dominées par l'atteinte musculaire.

Deux techniques opératoires bien différentes se sont succédées et ont donné des résultats très différents :

Dans la première série, nous utilisions des cupules de petite taille impactées sur d'importantes greffes d'os de banque morcelées, nous avons déploré 8 échecs, 11 descellements probables (6 liserés complets et 5 migrations), au total 19 résultats défavorables sur 60 cas suivis, soit 32 %.

A l'opposé lorsque nous avons utilisé des cupules de grande taille recouvertes d'hydroxyapatite avec peu ou pas de greffes, nous n'avons eu que trois échecs sur 109 cas suivis soir 3 %.

La comparaison de deux séries réalisées à des périodes différentes et avec des reculs différents est critiquable car elle peut introduire de nombreux biais méthodologiques. Cependant la différence très significative d'échecs et de descellements (32 % versus 3 ) plaide en faveur de la technique A3. Si les reculs sont différents, les premiers signes de la mobilisation dans la série A1 furent très précoces, dans l'année qui suivait l'intervention ; le recul minimum de quatre ans de la série A3 a mis à l'abri de ce biais.

Si le revêtement hydroxyapatite à certainement joué un rôle dans la qualité des résultats, nous pensons que la cause essentielle des échecs dans la première série fut la résorption des greffes. Ceci fut confirmé par Hooten2 Knight 4 et Pollock 8 qui publièrent des taux d'échecs de plus de 30 % dans leurs séries de reprise avec greffe et cotyle impacté. Nous savons d'ailleurs que ces prothèses cotyloïdiennes sans ciment ne donnent de bons résultats que lorsqu'il y a stabilisation secondaire par ostéo-intégration. C'est la raison pour laquelle si nous voulons utiliser un cotyle hémisphérique impacté, nous devons utiliser la technique A3 : cupule de grande taille assurant un large contact avec l'os cotyloïdien resté vivant. L'utilisation de vis est facultative ; lorsque la stabilité primaire est suffisante par simple impaction, les vis ne sont pas souhaitables car elles peuvent favoriser à long terme la migration des débris de polyéthylène dans le toit du cotyle.

Reconstruire le capital osseux est-il nécessaire ? Les bons résultats obtenus sans greffe ont permis la reconstruction d'une paroi continue cotyloïdienne d'épaisseur faible mais de trophicité satisfaisante avec disparition des géodes et harmonisation de la structure osseuse sur la radiographie. La large surface de contact prothèse-os obtenue grâce à l'utilisation de cotyles de grande taille permet une large répartition des contraintes qui peut éviter la protrusion à long terme. Tanzer et Harris 11 sont de cet avis ; ils ont utilisé de grandes cupules impactées dans 121 reprises, ils n'ont observé que deux échecs. L'inconvénient majeur est l'ascension du centre de la hanche. Schutzer et Harris 10 ont montré que cela n'entraînait que peu de conséquences fonctionnelles. Dans notre expérience, nous avons constaté que l'ostéolyse s'était habituellement étendue vers le bas (marge inférieure) comme vers le haut (toit), le centre de rotation de la hanche n'était donc que peu modifié.

Pour en savoir plus
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L'impaction d'une très grande cupule est parfois nécessaire (jusqu'à 74 mm). Dans ces cas extrêmes, il peut être préférable d'abandonner ce type de cupule et de reconstruire avec greffes massives et armature de soutien avec crochet obturateur. Dans notre expérience cela n'a été nécessaire que dans 5 cas (2 %).

CONCLUSION

La reprise d'un descellement cotyloïdien par cupule impactée est une technique fiable (97 % de bons résultats) à la condition d'utiliser une cupule de taille suffisante pour obtenir une stabilité primaire et un large contact avec l'os vivant.

Cette technique n'expose pas au risque de lyse secondaire du greffon et permet d'éviter l'interposition de greffes osseuses qui posent de multiples problèmes de tolérance.

 

 

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